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-Brouillon pour une intervention de 30 minutes et pour la publication ultérieure d'un article pour le colloque [[http://www.univ-lyon2.fr/actualite/actualites-scientifiques/le-deplacement-reel-ou-imaginaire-dans-le-monde-lusophone-484296.kjsp?RH=WWW306|Le déplacement réel ou imaginaire dans le monde lusophone]], le 14 novembre 2012 à L'Université Lyon 2, Salle des Colloques.+Intervention de 30 minutes pour la publication ultérieure d'un article pour le colloque [[ http://goo.gl/dIsYT4|Le déplacement réel ou imaginaire dans le monde lusophone]], le 14 novembre 2012 à L'Université Lyon 2, Salle des Colloques.
  
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-{{  http://www.pyepimanla.com/articles/images/banane.jpg?400  }} 
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-{{tag>portugais Portugal étymologie Brésil Angola déplacement}} 
 ===== Résumé ===== ===== Résumé =====
  
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 ===== Introduction ===== ===== Introduction =====
  
-Toutes les langues du monde sont faites avec des langues qui les ont précédées ou avec lesquelles elles ont un temps cohabité sur le même territoire. Et il se trouve que le portugais non seulement n'échappe pas à cette règle mais a eu dans son histoire une période d’interactions intenses avec un grand nombre de langues dans le monde, et qu'il a servi de moyen de transport pour que des langues qui ne sont pas nécessairement rencontrées partagent aujourd'hui un vocabulaire semblable ou commun. Pendant les voyages des grandes navigations, du 16e au 18e siècle, le monde a énormément changé. On ne vivait plus après cette période comme on vivait avant elle, on ne mangeait plus la même chose, des plantes nouvelles étaient arrivées dans nos jardins, des arbres nouveaux poussaient dans nos parcs, des pratiques culturelles et des connaissances techniques, aussi bien que des objets divers, étaient sortis de leur continent d'origine. A ces nouveautés, il avait fallu donner des noms et c'est le sens du titre de cette communication : tout ce qui avait voyagé dans cette période a été associé à des vocables nouveaux en changeant de territoire, pris au passage dans diverses langues. Nous utilisons encore aujourd'hui les mots alors créés, puisque la plupart de ces choses autrefois nouvelles font encore partie de notre vie. +Toutes les langues du monde sont faites avec des langues qui les ont précédées ou avec lesquelles elles ont un temps cohabité sur le même territoire. Et il se trouve que le portugais non seulement n'échappe pas à cette règle mais a eu dans son histoire une période d’interactions intenses avec un grand nombre de langues dans le monde, et qu'il a servi de moyen de transport pour que des langues qui ne sont pas nécessairement rencontrées partagent aujourd'hui un vocabulaire semblable ou commun. Pendant les voyages des grandes navigations, du 16e au 18e siècle, le monde a énormément changé, sans doute moins qu'il ne le fait maintenant, mais d'une autre manière. On ne vivait plus après cette période comme on vivait avant elle, on ne mangeait plus les mêmes choses, des plantes nouvelles étaient arrivées dans nos jardins, des arbres nouveaux poussaient dans nos parcs, des pratiques culturelles et des connaissances techniques, aussi bien que des objets divers, étaient sortis de leur continent d'origine. A ces nouveautés, il avait fallu donner des noms et c'est le sens du titre de cette communication : tout ce qui avait voyagé dans cette période a été associé à des vocables nouveaux en changeant de territoire, pris au passage dans diverses langues. Nous utilisons encore aujourd'hui les mots alors créés, puisque la plupart de ces choses autrefois nouvelles font encore partie de notre vie. 
  
 Un quantité considérable d'éléments entrent donc en circulation dans le monde à cette époque et tentent de s'acclimater sous toutes les latitudes. Il n'est possible ici que de donner des exemples choisis, mais rien d'exhaustif. On ne sait d'ailleurs pas toujours avec une grande certitude l'histoire complète de ces emprunts ou de ces créations de vocabulaire, ni leur parcours complet et leur évolution. Beaucoup sont sujets à polémiques. Parmi les auteurs qui s'y sont intéressés, nous avons retenu Henriette Walter, Emilio Bonvini, Óscar Ribas, Gladstone Chaves de Melo, Luís da Câmara Cascudo, Sérgio Corrêa da Costa,... etc. Un quantité considérable d'éléments entrent donc en circulation dans le monde à cette époque et tentent de s'acclimater sous toutes les latitudes. Il n'est possible ici que de donner des exemples choisis, mais rien d'exhaustif. On ne sait d'ailleurs pas toujours avec une grande certitude l'histoire complète de ces emprunts ou de ces créations de vocabulaire, ni leur parcours complet et leur évolution. Beaucoup sont sujets à polémiques. Parmi les auteurs qui s'y sont intéressés, nous avons retenu Henriette Walter, Emilio Bonvini, Óscar Ribas, Gladstone Chaves de Melo, Luís da Câmara Cascudo, Sérgio Corrêa da Costa,... etc.
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 ==== Entre le Brésil et l'Afrique ==== ==== Entre le Brésil et l'Afrique ====
  
-Depuis la fin du 16e siècle, les voyages entre le Brésil et l'Afrique centrale s'intensifient, l'Angola particulièrement, le commerce prend une forme bilatérale, et non triangulaire, sans détour par le Portugal, étant donné la proximité relative de l'Afrique et de l'Amérique du Sud, par rapport à l'Europe, et ce jusqu'à la moitié du 19e avec une période de plus fort trafic au 17e siècle. Il faut se rappeler que ce commerce, c'est d'abord celui de la traite, entre les négriers du côté africain et les esclavagistes du côté américain, et que des millions d'esclaves ont pendant cette période franchi l'Atlantique avec leurs langues, leurs cultures et leurs savoirs techniques.+Depuis la fin du 16e siècle, les voyages entre le Brésil et l'Afrique centrale s'intensifient, l'Angola particulièrement, le commerce prend une forme bilatérale, et non triangulaire, sans détour par le Portugal, étant donné la proximité relative de l'Afrique et de l'Amérique du Sud, par rapport à l'Europe, et ce jusqu'à la moitié du 19e avec une période de plus fort trafic au 17e siècle. Même si on ne parle le plus souvent pudiquement que des épices, il faut se rappeler que ce commerce, c'est d'abord celui de la traite, entre les négriers du côté africain et les esclavagistes du côté américain, et que des millions d'esclaves ont pendant cette période franchi l'Atlantique avec leurs langues, leurs cultures et leurs savoirs techniques.
  
 ==== De l'Afrique vers le Brésil ==== ==== De l'Afrique vers le Brésil ====
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 Mais il n'y a pas que ce qui se mange qui voyage, l'ivoire, l'ambre, les coraux bleus de la Côte de Mina, les statuettes, les masques, les ustensiles, ornements fondus en cuivre ou en fer, en plus des techniques de fonderie de l'or et du fer, dominées par divers peuples, tout ça a voyagé aussi vers l'Ouest. Mais il n'y a pas que ce qui se mange qui voyage, l'ivoire, l'ambre, les coraux bleus de la Côte de Mina, les statuettes, les masques, les ustensiles, ornements fondus en cuivre ou en fer, en plus des techniques de fonderie de l'or et du fer, dominées par divers peuples, tout ça a voyagé aussi vers l'Ouest.
  
-cachimbo, p.166 d, carimbo, cochilar, cota, macota Bonvini p.138, farofa, farófia : du Kimb. falofa, parir morto, la préparation est la même en Angola qu'au Brésil et importée par les esclaves. Voir Ribas et Cascudo p. 101-102, fuba, moleque p.139 Bonvini, muxoxo 
  
 ==== Du Brésil vers l'Afrique ==== ==== Du Brésil vers l'Afrique ====
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-La chose est originaire d'Amérique du Sud et tire son nom du tupi //nana// ou //anana//. Il a rapidement été introduit, dès le 16e siècle, en Afrique et en Inde, par les Portugais. A cause de sa ressemblance avec une pomme de pin, les Espagnols l'ont appelé //piña//, qui a donné en anglais le nom de //pine-apple//((Jumelle, 1920, p. 68)). Le terme //abacaxi//, aujourd'hui beaucoup plus commun au Brésil qu'//ananás//, s'est imposé plus récemment.+La chose est originaire d'Amérique du Sud et tire son nom du tupi //nana// ou //anana//. Il a rapidement été introduit, dès le 16e siècle, en Afrique et en Inde, par les Portugais. A cause de sa ressemblance avec une pomme de pin, les Espagnols l'ont appelé //piña//, qui a donné en anglais le nom de //pine-apple//((Jumelle, 1924, p. 68)). Le terme //abacaxi//, aujourd'hui beaucoup plus commun au Brésil qu'//ananás//, s'est imposé plus récemment.
 ==== Banane ==== ==== Banane ====
  
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 ==== Capoeira ==== ==== Capoeira ====
  
-Voilà, avec la capoeira, une chose qui est d'origine africaine, même si c'est sous une forme un peu différente, qui a évolué au Brésil, mais à qui certains chercheurs veulent attribuer à toute force une origine tupi à sa désignation. Un homonyme en portugais veut dire "cage à poules". Une vive polémique existe sur l'étymologie de capoeira depuis la fin du 19e siècle. Il existe encore en Afrique des centaines de techniques de lutte qui rappellent la capoeira. On dit que sur c'est de l'île de Luanda que proviendrait la capoeira, où elle était connue sus le nom //bassula//, et on connaît aussi le //ngolo//, en Angola qui présentent des  +Voilà, avec la capoeira, une chose qui est d'origine africaine, même si c'est sous une forme un peu différente, qui a évolué au Brésil, mais à qui certains chercheurs veulent attribuer à toute force une origine tupi à sa désignation. Un homonyme en portugais veut dire "cage à poules". Une vive polémique existe sur l'étymologie de capoeira depuis la fin du 19e siècle. Il existe encore en Afrique des centaines de techniques de lutte qui rappellent la capoeira. On dit que sur c'est de l'île de Luanda que proviendrait la capoeira, où elle était connue sous le nom //bassula//, et on connaît aussi le //ngolo//, en Angola qui présentent des  
-parentés avec la copoeira. +parentés avec la capoeira.
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-guarani caá-puêra, mato que foi, +
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-“Os escravos que traziam capoeiras [cestas] de galinhas para vender no mercado, enquanto êle não se abria, divertiam-se jogando capoeira. Por uma metonímia res pro persona, o nome da coisa passou para a pessoa com ela relacionada." Antenor Nascentes+
  
 ==== Milonga ==== ==== Milonga ====
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 ==== Zombi ==== ==== Zombi ====
 En portugais, le vocable est zumbi, même sous forme d'un nom propre, Zumbi dos Palmares. En Angola on trouve souvent la forme canzumbi. Le mot existe en anglais et en français : un zombie. Zombi en espagnol mais le dictionnaire de la Real Academia le donne comme venant d'Afrique occidentale. Or Emilio Bonvini nous rappelle que nzumbi/jinzumbi est un terme kimbundu avec la définition suivante : personnes mortes relativement jeunes et principalement de mort violente ou accidentelle. C'est le "fantôme de la victime" selon la définition d'Héli Châtelain. Assis Júnior y attache l'idée d'errance de par le monde et d'âme en peine qui tourmente les vivants. Cadornega signale zombi au Portugal en 1687 comme étant un mot provenant d'Angola. En portugais comme dans les autres langues, le sens actuel est un peu différent du sens originel, il subsiste l'idée de la mort, de la nuit et de la divagation. En portugais, le vocable est zumbi, même sous forme d'un nom propre, Zumbi dos Palmares. En Angola on trouve souvent la forme canzumbi. Le mot existe en anglais et en français : un zombie. Zombi en espagnol mais le dictionnaire de la Real Academia le donne comme venant d'Afrique occidentale. Or Emilio Bonvini nous rappelle que nzumbi/jinzumbi est un terme kimbundu avec la définition suivante : personnes mortes relativement jeunes et principalement de mort violente ou accidentelle. C'est le "fantôme de la victime" selon la définition d'Héli Châtelain. Assis Júnior y attache l'idée d'errance de par le monde et d'âme en peine qui tourmente les vivants. Cadornega signale zombi au Portugal en 1687 comme étant un mot provenant d'Angola. En portugais comme dans les autres langues, le sens actuel est un peu différent du sens originel, il subsiste l'idée de la mort, de la nuit et de la divagation.
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-seria de origem mbunda, autres langues bantu ? 
  
  
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 On aurait encore raconter la belle histoire du //matabicho// qui ne tue rien d'autre que la faim, et qui d’une province portugaise s'est répandu et généralisé en Angola et au Mozambique, rappelant curieusement une valeur européenne campagnarde et matinale : le tue-ver. Bien d'autres parcours de ce genre ne trouve pas leur place dans une si courte intervention. On aurait encore raconter la belle histoire du //matabicho// qui ne tue rien d'autre que la faim, et qui d’une province portugaise s'est répandu et généralisé en Angola et au Mozambique, rappelant curieusement une valeur européenne campagnarde et matinale : le tue-ver. Bien d'autres parcours de ce genre ne trouve pas leur place dans une si courte intervention.
-On aurait pu raconter aussi l'hospitalité de langues de l'intérieur de l'Afrique, qui sans jamais rencontrer un portugais, avait déjà accueilli par le commerce des //pombeiros//, une somme de vocabulaire lié au commerce. +On aurait pu raconter aussi l'hospitalité de langues de l'intérieur de l'Afrique, qui sans jamais rencontrer un portugais, avait déjà accueilli par le commerce par intermédiaires pratiqué depuis les premiers contacts, une somme de vocabulaire lié au commerce. 
- +Au moment de conclure, deux remarques s'imposent sur ce phénomène de circulation de vocabulaire entre les langues et particulièrement dans le monde lusophone. La première est la faible action sur la langue elle-même d'un apport de vocabulaire, qu'elle ne craint pas d’adapter constamment, de varier régionalement, historiquement, et qui lui donne une apparence d'évolution, en contraste avec une solide stabilité et universalité syntaxique, somme toute rassurante. Et dans le même ordre d'idée, et tout aussi rassurant pour ceux qui craignent une uniformisation globalisante des cultures de la planète, ce petit tour de monde semble nous montrer que le local transforme tout ce qui vient d'ailleurs, le fait sien par son génie propre et nous garantit pour longtemps sinon pour toujours une belle diversité.
-le rôle de la langue portugaise, vecteur de néologismes. Mais pas de phénomène massif vers le français. +
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-La globalisation mais sans aplanir la diversité et la pluralité. Les langues et leur vocabulaire en sont le reflet.  +
 ===== Bibliographie - Sitographie ===== ===== Bibliographie - Sitographie =====
  
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   * Walter, Henriette [[http://www.cercle-richelieu-senghor.org/index.php?option=com_content&view=article&id=119|Le français et le portugais parmi les langues romanes]], intervention à Rio de Janeiro le 21 juillet 2009   * Walter, Henriette [[http://www.cercle-richelieu-senghor.org/index.php?option=com_content&view=article&id=119|Le français et le portugais parmi les langues romanes]], intervention à Rio de Janeiro le 21 juillet 2009
   * Walter, H., et Walter, G. 1998 (2e éd.), Dictionnaire des mots d’origine étrangère, Paris, Larousse, 1991.   * Walter, H., et Walter, G. 1998 (2e éd.), Dictionnaire des mots d’origine étrangère, Paris, Larousse, 1991.
-  * Site ethnologue +  * Site ethnologue : http://www.ethnologue.org 
-  * Site Wikipédia+  * Site Wikipédia : http://www.wikipedia.org 
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